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Journées PerSemSoc 15-16 juin 2009 2009 |
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ArgumentairePerception sémiotique et socialité du sens Motivations Les évolutions (inter)disciplinaires des dernières décennies ont reconduit pour l'essentiel une opposition, que l'on pourrait qualifier de fondatrice, entre deux grandes approches de la cognition et du social. L'une prend son point de départ dans les préférences et les projets portés par les individus, et cherche ensuite à faire émerger de leurs interactions les dynamiques collectives, tout en restant attentive aux déterminations qu'en reçoivent en retour les vies individuelles (individualisme méthodologique dit 'complexe'). L'autre porte d'abord son attention sur les structures socio-sémiotiques publiques, pour ensuite retrouver les vies individuelles dans leurs efforts pour s'adapter à, et, si possible, transformer, des formes et des rôles largement préconstitués (forme de holisme que, par symétrie, on pourra qualifier aussi de complexe). Bien que fondamentalement inchangée dans sa polarité depuis Durkheim, cette confrontation s'est quelque peu renouvelée dans les années récentes, marquée notamment par le développement des sciences cognitives et le programme de la naturalisation, par les progrès réalisés dans la modélisation des systèmes complexes, par la relance aussi des problématiques d'inspiration phénoménologique dans les sciences cognitives et du langage. La vision du social et du symbolique héritée par exemple de l'anthropologie structuraliste a été questionnée à partir de là. Dans cette conjoncture historique, un certain nombre d'orientations philosophiques se sont avérées éclairantes, dans la mesure précisément où elles reconduisaient, chacune à sa façon, à la question d'une constitution croisée du cognitif et du social, redistribuée entre diverses instances : sujets, corps, langages, pratiques, techniques. Sans aucunement répondre à un projet explicite de totalisation, une anthropologie philosophique a commencé de prendre corps au travers d'un ensemble d'approches : déploiement, dans la postérité de Husserl, d'une thématique du Lebenswelt ; phénoménologie sémiotique d'inspiration merleau-pontienne ; philosophie des formes symboliques dans la filiation de Cassirer ; philosophies wittgensteiniennes ou pragmatistes ; philosophie post-husserlienne de la technique comme constitutive de l'humain. Sur un plan plus directement scientifique, ces orientations ont été relayées par les épistémologies dynamicistes et constructivistes (voire enactivistes), par les théories gestaltistes et microgénétiques du langage et de la perception, dans toute une série de travaux d'anthropologie linguistique, plus généralement dans l'étude des formes et pratiques sémiotiques - enfin, dans certains travaux (interprétations ou modèles) attenant aux neurosciences. Le présent colloque se propose donc de renouveler le débat entre les deux grandes approches évoquées en ouverture de ce texte. Il s'agirait d'élaborer des cadres de réflexion dans lesquels puissent se rapprocher, et peut-être co-évoluer, d'une part des modèles (philosophiques comme scientifiques) de la perception, du corps propre et de la signification (souvent repris de la tradition husserlienne), et d'autre part des modèles socio-sémiotiques, dans lesquels formes symboliques, intentionnalités et conduites procèdent de participations à des interactions collectives, à la fois émergentes et instituées, car fondées sur la reprise de formes héritées et transmises. A cette fin, on sera sans doute conduit à mettre en position centrale la question de la sémiose - prise au sens radical d'une sémiogenèse expressive et pratique, débordant la seule mise en œuvre de système de signes, ou la simple réanimation de traces déjà individuées. Sémiogenèse vue alors comme une médiation essentielle de la conscience, et le principal étayage des intentionnalités, en tant qu'elles s'appellent, se forment et trouvent leurs limites les unes dans les autres. Sémiogenèse reposant, dans le même temps, sur la reprise de formes instituées et héritées, ou plutôt, sur un art et des techniques de cette reprise, impliquant des formes à la fois malléables, partiellement mémorisées et collectivement prolongées. Formes présentes à la conscience sans y être déterminées, et formes indicatrices d'une transcendance qui ne peut être du même type que celle d'un objet : plutôt celle d'un jeu, d'une norme, d'une destination par des tiers dont le mode de présence/absence n'est pas non plus celui de l'objet. Ce sont, à partir de là, la persistance et l'identité des « objets » et des « projets » qui apparaissent tributaires d'une précession de signes autorisant, par leur permanente reprise, la réitération de parcours de constitution effectifs (vécus, dans cette effectivité même, comme présence du social en chacun) : toujours tributaires, donc, de régimes sémiotiques, c'est-à-dire expressifs et techniques, d'appréhension, de transformation, de destination (gestes, procédures, langages, inscriptions, instruments). Ces régimes se fondent sur une ritualisation des formes et des conduites, donnant lieu à une appréciation des écarts, selon les divers modes reçus de la reprise. Ils s'inscrivent dans des domaines dont le volet pratique est essentiel, et relèvent de genres qui engagent les sujets en fonction de modalités plus ou moins contraignantes. Revenant au vocabulaire de la phénoménologie, on dira donc que le langage, la culture, le social, ne sont pas des superstructures qui viendraient s'empiler par-dessus un être au monde plus originaire : ce sont des dimensions intrinsèques de cet être-au-monde, qui est d'emblée être-au-monde-social et être-au-langage. On ne peut sans doute en traiter si l'on est toujours astreint à un choix forcé entre attitude naturelle, et attitude phénoménologique conçue comme le seul fait d'une conscience intime. S'ouvre alors la possibilité d'une réorientation sémiotique des problématiques phénoménologiques, permettant de revoir la problématique de la constitution du champ de conscience à la lumière d'une phénoménologie de la transmission et de l'institution des formes sémiotico-symboliques. D'où le titre-slogan Perception sémiotique et socialité du sens, qui voudrait en particulier attirer l'attention sur les postulats suivants, soumis à discussion : (i) la socialité du sens doit être d'emblée rapportée à des formes et des activités symboliques, qui redirigent en permanence les interactions et conditionnent la formation des valeurs et des utilités, (ii) le sens en tant que social ne se sépare pas d'une recherche d'expression, concomitante de la formation de divers plans de sémiotisation, et d'une constante ritualisation des conduites, fondant la possibilité de la répétition et d'une évaluation des écarts, (iii) l'historicité et la socialité du sens trouvent leur répondant, au niveau de l'expérience individuelle, dans une perception d'emblée sémiotique ; une telle perception, qui délivre directement un sens non inféré, ne se sépare pas de dispositions expressives étroitement dépendantes des médiations sémiotiques instituées. Nous souhaiterons ainsi convier les participants à deux journées d'échanges entre sciences et philosophies, où pourront se rencontrer, et se confronter, des problématiques, des théories, des analyses, de factures phénoménologique, pragmatiste, et sémiotique.
Programme15-16 juin 2009 Maison de la Recherche 28 rue Serpente 75006 Paris 9h30 Ouverture du colloque 9h40 Jean Lassègue Space, Sociality and Symbolic Forms 11h Aud Sissel Hoel Differential Deixis : Ernst Cassirer on Symbolic Mediation 14h Jaan Valsiner Symbolic Demonization and its Semiotic Mechanisms : What can be learned from displacement of people ? What can PerSemSoc learn from diagrams ? 16h30 Ingvild Folkvord 20h Dîner du colloque - Social dinner Mardi 16 juin 2009 10h40 Alessandro Zinna 14h30 Charles Lenay 17h Wolfgang Wildgen |
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